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18 décembre 1916, fin de la bataille de Verdun.

Écrit par :
Jean-Claude JUNIN

Date de parution :
18 décembre 2023

Lieu :
Un jour dans l'Histoire...

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18 décembre 1916, fin de la bataille de Verdun.

La bataille de Verdun commence le 21 février 1916 à 7 h 15 avec un déluge de feu sur les forts et les tranchées, déclenché par l’armée allemande. 1 200 canons pulvérisent les positions françaises. Erich Von Falkenhayn, général en chef de l’armée allemande, veut en finir avec la guerre de position, qui a commencé à l’automne 1914, et veut relancer la guerre de mouvement.

Les grandes phases de la bataille

Pendant les premiers jours, les Allemands percent le front français et conquièrent sans combat le fort de Douaumont le 25 février 1916. Dès lors, l’état-major français souhaite reprendre ce fort dont la position permet de dominer le champ de bataille. Malgré le déluge d’obus, les « Poilus » s’accrochent au terrain et les Allemands ne peuvent aller plus loin. Le général Pétain est alors placé à la tête des troupes chargées de défendre Verdun.

Celui-ci intensifie le trafic sur la route reliant Bar-le-Duc à Verdun, appelée plus tard « Voie sacrée », seule voie de communication qui permet d’acheminer hommes et munitions sur le champ de bataille. Au total, environ 4 000 camions, 2 000 voitures, 800 ambulances, 200 autobus et de nombreuses camionnettes y circulent.

À partir du 6 mars 1916, les Allemands attaquent également sur la rive gauche de la Meuse. Malgré les assauts furieux de mars et d’avril sur le Mort-Homme, ils n’arrivent pas à percer le front français.

À la fin du mois de juin, après avoir conquis le fort de Vaux, ils lancent une très grande attaque qui échoue de peu.

18 décembre 1916, fin de la bataille de Verdun.

La bataille de Verdun commence le 21 février 1916 à 7 h 15 avec un déluge de feu sur les forts et les tranchées, déclenché par l’armée allemande. 1 200 canons pulvérisent les positions françaises. Erich Von Falkenhayn, général en chef de l’armée allemande, veut en finir avec la guerre de position, qui a commencé à l’automne 1914, et veut relancer la guerre de mouvement.

Les grandes phases de la bataille

Pendant les premiers jours, les Allemands percent le front français et conquièrent sans combat le fort de Douaumont le 25 février 1916. Dès lors, l’état-major français souhaite reprendre ce fort dont la position permet de dominer le champ de bataille. Malgré le déluge d’obus, les « Poilus » s’accrochent au terrain et les Allemands ne peuvent aller plus loin. Le général Pétain est alors placé à la tête des troupes chargées de défendre Verdun.

Celui-ci intensifie le trafic sur la route reliant Bar-le-Duc à Verdun, appelée plus tard « Voie sacrée », seule voie de communication qui permet d’acheminer hommes et munitions sur le champ de bataille. Au total, environ 4 000 camions, 2 000 voitures, 800 ambulances, 200 autobus et de nombreuses camionnettes y circulent.

À partir du 6 mars 1916, les Allemands attaquent également sur la rive gauche de la Meuse. Malgré les assauts furieux de mars et d’avril sur le Mort-Homme, ils n’arrivent pas à percer le front français.

À la fin du mois de juin, après avoir conquis le fort de Vaux, ils lancent une très grande attaque qui échoue de peu.

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Le 1er juillet, les Anglais et les Français déclenchent une grande offensive dans la Somme. Celle-ci permet de soulager la pression exercée par les Allemands à Verdun.

Ceux-ci tentent pourtant une dernière fois, les 11 et 12 juillet, de s’emparer de la ville mais ils échouent à nouveau.

À l’automne 1916, les Français passent à la contre-attaque. Le 24 octobre 1916, ils reprennent le fort de Douaumont. Quelques jours plus tard, ils pénètrent dans le fort de Vaux évacué par les Allemands.

Du 15 au 18 décembre, les Français attaquent à nouveau et reconquièrent quasiment tout le terrain perdu depuis le 21 février.

La bataille de 1916 prend fin après dix mois de combats intenses : elle a fait plus de 700 000 victimes : 305 000 tués et disparus et 400 000 blessés environ, avec des pertes presque identiques dans les deux armées adverses. Les combats autour de Verdun se poursuivent cependant jusqu’en 1918.

La portée symbolique de la bataille de Verdun

Près des ¾ de l’armée française a combattu à Verdun en 1916. Bataille franco-allemande, des forces coloniales y furent également engagées. De par son ampleur et la violence des combats menés, la bataille de 1916 marque un des temps forts de la Première Guerre mondiale.

Elle est ainsi devenue, dans la conscience collective, le symbole de la Grande Guerre dont elle représente le paroxysme des combats. Elle résume à elle seule la Grande Guerre dans toutes ses composantes et fait de Verdun son lieu de mémoire emblématique.

Le 1er juillet, les Anglais et les Français déclenchent une grande offensive dans la Somme. Celle-ci permet de soulager la pression exercée par les Allemands à Verdun.

Ceux-ci tentent pourtant une dernière fois, les 11 et 12 juillet, de s’emparer de la ville mais ils échouent à nouveau.

À l’automne 1916, les Français passent à la contre-attaque. Le 24 octobre 1916, ils reprennent le fort de Douaumont. Quelques jours plus tard, ils pénètrent dans le fort de Vaux évacué par les Allemands.

Du 15 au 18 décembre, les Français attaquent à nouveau et reconquièrent quasiment tout le terrain perdu depuis le 21 février.

La bataille de 1916 prend fin après dix mois de combats intenses : elle a fait plus de 700 000 victimes : 305 000 tués et disparus et 400 000 blessés environ, avec des pertes presque identiques dans les deux armées adverses. Les combats autour de Verdun se poursuivent cependant jusqu’en 1918.

La portée symbolique de la bataille de Verdun

Près des ¾ de l’armée française a combattu à Verdun en 1916. Bataille franco-allemande, des forces coloniales y furent également engagées. De par son ampleur et la violence des combats menés, la bataille de 1916 marque un des temps forts de la Première Guerre mondiale.

Elle est ainsi devenue, dans la conscience collective, le symbole de la Grande Guerre dont elle représente le paroxysme des combats. Elle résume à elle seule la Grande Guerre dans toutes ses composantes et fait de Verdun son lieu de mémoire emblématique.

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CHARLES GUINANT, 18 MARS 1916, VERDUN

« Ma chérie,

Je t’écris pour te dire que je ne reviendrai pas de la guerre. S’il te plaît, ne pleure pas, sois forte. Le dernier assaut m’a coûté mon pied gauche et ma blessure s’est infectée. Les médecins disent qu’il ne me reste que quelques jours à vivre. Quand cette lettre te parviendra, je serai peut-être déjà mort. Je vais te raconter comment j’ai été blessé.
Il y a trois jours, nos généraux nous ont ordonné d’attaquer. Ce fut une boucherie absolument inutile.

Au début, nous étions vingt mille. Après avoir passé les barbelés, nous n’étions plus que quinze mille environ. C’est à ce moment-là que je fus touché. Un obus tomba pas très loin de moi et un morceau m’arracha le pied gauche. Je perdis connaissance et je ne me réveillai qu’un jour plus tard, dans une tente d’infirmerie. Plus tard, j’appris que parmi les vingt mille soldats qui étaient partis à l’assaut, seuls cinq mille avaient pu survivre grâce à un repli demandé par le Général Pétain.

Dans ta dernière lettre, tu m’as dit que tu étais enceinte depuis ma permission d’il y a deux mois. Quand notre enfant naîtra, tu lui diras que son père est mort en héros pour la France. Et surtout, fais en sorte à ce qu’il n’aille jamais dans l’armée pour qu’il ne meure pas bêtement comme moi.
Je t’aime, j’espère qu’on se reverra dans un autre monde, je te remercie pour tous les merveilleux moments que tu m’as fait passer, je t’aimerai toujours.

Adieu »

CHARLES GUINANT, 18 MARS 1916, VERDUN

« Ma chérie,

Je t’écris pour te dire que je ne reviendrai pas de la guerre. S’il te plaît, ne pleure pas, sois forte. Le dernier assaut m’a coûté mon pied gauche et ma blessure s’est infectée. Les médecins disent qu’il ne me reste que quelques jours à vivre. Quand cette lettre te parviendra, je serai peut-être déjà mort. Je vais te raconter comment j’ai été blessé.
Il y a trois jours, nos généraux nous ont ordonné d’attaquer. Ce fut une boucherie absolument inutile.

Au début, nous étions vingt mille. Après avoir passé les barbelés, nous n’étions plus que quinze mille environ. C’est à ce moment-là que je fus touché. Un obus tomba pas très loin de moi et un morceau m’arracha le pied gauche. Je perdis connaissance et je ne me réveillai qu’un jour plus tard, dans une tente d’infirmerie. Plus tard, j’appris que parmi les vingt mille soldats qui étaient partis à l’assaut, seuls cinq mille avaient pu survivre grâce à un repli demandé par le Général Pétain.

Dans ta dernière lettre, tu m’as dit que tu étais enceinte depuis ma permission d’il y a deux mois. Quand notre enfant naîtra, tu lui diras que son père est mort en héros pour la France. Et surtout, fais en sorte à ce qu’il n’aille jamais dans l’armée pour qu’il ne meure pas bêtement comme moi.
Je t’aime, j’espère qu’on se reverra dans un autre monde, je te remercie pour tous les merveilleux moments que tu m’as fait passer, je t’aimerai toujours.

Adieu »

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PIERRE, 26 NOVEMBRE 1916, VERDUN

« Ma bien-aimée,

Je n’ai pas eu beaucoup d’occasion pour vous écrire depuis mon retour sur le front mais si je vous écris en ce jour c’est pour vous expliquer la dureté et la violence de cette guerre. La bataille de Verdun est la pire que j’ai connue, non seulement physiquement car nous sommes restés huit jours sans dormir mais aussi mentalement : la puanteur des cadavres est devenue insupportable et je ne souhaite à personne de voir ce que j’ai pu voir ; nos amis, nos pères, nos frères, ils sont morts sous nos yeux et il n’y a pas de mot pour décrire cela. Les maisons, les écoles, les églises, il ne reste plus rien, tout a été ravagé, saccagé par les marmites, les arbres aussi sont maintenant inexistants. Il n’y a en fait plus aucune vie à cet endroit car tuer des êtres humains, ce n’est pas une vie…

S’ajoutent à cela, la boue, le froid, la pluie et malheureusement nos compagnons allongés sur le sol… Il devient impossible de marcher dans notre nouvelle et peut-être dernière « demeure »… Il faut lutter pour survivre, prier pour que les rats ne mangent pas le peu de pain que l’on peut avoir, que les poux n’envahissent pas notre corps ou encore que la boue ne s’incruste pas dans le petit bol de soupe que l’on a. Le plus dur à supporter je pense est le froid ; le manque de chaleur est irremplaçable, les couvertures que l’on peut nous donner sont grignotées par les rats. L’hygiène est aussi déplorable, si vous saviez ce que je donnerais pour prendre une douche ! Il faut aussi que l’on porte des masques à gaz, j’ai entendu dire que les civils aussi en portaient ? Cela est préférable, nous lançons désormais du gaz sur l’ennemi, plus efficace d’après là-haut…

Je dois vous avouer que je n’ai plus beaucoup d’espoir en ce qui concerne la liberté, je n’ai même plus du tout d’espoir. Je souffre… Comment vais-je survivre ? Je n’y arriverai pas. Votre présence me manque énormément. Mon sang coule encore et encore… Pourquoi en suis-je arrivé là ? Embrassez bien mes parents pour moi et les vôtres aussi, dites-leur bien que je suis sincèrement désolé de ne pas être revenu. Embrassez aussi ma petite Juliette et dites à Jean que son père était un héros. Et vous, ma douce, je suis malheureux de vous faire mes adieux sur un bout de papier, restez forte, ne m’oubliez pas. Votre amour qui pense à vous et qui vous aime de tout son cœur.

Pierre »

 

Source : © Mémorial de Verdun

PIERRE, 26 NOVEMBRE 1916, VERDUN

« Ma bien-aimée,

Je n’ai pas eu beaucoup d’occasion pour vous écrire depuis mon retour sur le front mais si je vous écris en ce jour c’est pour vous expliquer la dureté et la violence de cette guerre. La bataille de Verdun est la pire que j’ai connue, non seulement physiquement car nous sommes restés huit jours sans dormir mais aussi mentalement : la puanteur des cadavres est devenue insupportable et je ne souhaite à personne de voir ce que j’ai pu voir ; nos amis, nos pères, nos frères, ils sont morts sous nos yeux et il n’y a pas de mot pour décrire cela. Les maisons, les écoles, les églises, il ne reste plus rien, tout a été ravagé, saccagé par les marmites, les arbres aussi sont maintenant inexistants. Il n’y a en fait plus aucune vie à cet endroit car tuer des êtres humains, ce n’est pas une vie…

S’ajoutent à cela, la boue, le froid, la pluie et malheureusement nos compagnons allongés sur le sol… Il devient impossible de marcher dans notre nouvelle et peut-être dernière « demeure »… Il faut lutter pour survivre, prier pour que les rats ne mangent pas le peu de pain que l’on peut avoir, que les poux n’envahissent pas notre corps ou encore que la boue ne s’incruste pas dans le petit bol de soupe que l’on a. Le plus dur à supporter je pense est le froid ; le manque de chaleur est irremplaçable, les couvertures que l’on peut nous donner sont grignotées par les rats. L’hygiène est aussi déplorable, si vous saviez ce que je donnerais pour prendre une douche ! Il faut aussi que l’on porte des masques à gaz, j’ai entendu dire que les civils aussi en portaient ? Cela est préférable, nous lançons désormais du gaz sur l’ennemi, plus efficace d’après là-haut…

Je dois vous avouer que je n’ai plus beaucoup d’espoir en ce qui concerne la liberté, je n’ai même plus du tout d’espoir. Je souffre… Comment vais-je survivre ? Je n’y arriverai pas. Votre présence me manque énormément. Mon sang coule encore et encore… Pourquoi en suis-je arrivé là ? Embrassez bien mes parents pour moi et les vôtres aussi, dites-leur bien que je suis sincèrement désolé de ne pas être revenu. Embrassez aussi ma petite Juliette et dites à Jean que son père était un héros. Et vous, ma douce, je suis malheureux de vous faire mes adieux sur un bout de papier, restez forte, ne m’oubliez pas. Votre amour qui pense à vous et qui vous aime de tout son cœur.

Pierre »

 

Source : © Mémorial de Verdun

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